Lettre d'information Entraide No 1 Juin 2010
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Comme vous le savez certainement, l’Association AVEC, centre d’appui à la vie associative a ouvert en ses murs, début 2010, le Centre de contact vaudois pour l’entraide autogérée. Son inauguration officielle aura lieu le 30 septembre prochain : le programme vous parviendra en temps voulu, mais réservez d’ores et déjà cette date et venez nombreux faire la fête à l’entraide ! Cette lettre d’information dédiée à l’entraide, première du genre, est aussi l’occasion de mettre en lumière des associations, pour la plupart vaudoises, actives dans le domaine de l’entraide qui ont été sous les feux des projecteurs de la presse vaudoise depuis le début de cette année. C’est aussi l’occasion de recevoir un invité de marque, Monsieur Jean Martin, ancien Médecin cantonal du canton de Vaud, membre de la Commission nationale d'éthique et du Comité de soutien pour les groupes d’entraide de Suisse romande, qui nous fait la joie d’écrire ce premier éditorial.
"Maturité des groupes d'entraide autogérés, aujourd'hui éléments indispensables dans le domaine médico-social"
Cependant, le Dr Jakob Boesch, psychiatre et psychosomaticien qui a travaillé notamment à Zurich et Bâle et a été le promoteur des premiers « Selbstfhilfegruppen » de Suisse alémanique, me rappelait récemment que, dans les débuts, ces initiatives étaient vues avec passablement de méfiance. Y compris, pour une part, par le corps médical qui se demandait si on contestait ainsi ses compétences et touchait à son prestige… Il y a un quart de siècle, alors qu’on m’avait demandé un article sur les Ligues de santé, j’avais été amené à noter qu’on en voyait deux sortes principales : les ligues qui restaient sous l’égide, en général bienveillante mais souvent directive - voire autoritaire -, des médecins du domaine, et celles qui véritablement rassemblaient les personnes concernées elles-mêmes, les médecins jouant alors, plus ou moins dans les coulisses, le rôle de conseillers techniques.
Même si rien n’est (encore) parfait, les choses ont bien changé. Le paternalisme médical de l’époque a significativement diminué et les professionnels de santé admettent beaucoup mieux que la relation de soins est un partenariat, où l’engagement actif des partenaires est indispensable et où le principe est celui de la co-décision.
Les GEA dans le domaine médico-social ont précédé l’épopée VIH-sida, mais le sida a vivement illustré le potentiel de l’assistance mutuelle autogérée. J’ai vécu de près la situation dans les années 1980, où la médecine restait impuissante et où, de manière exemplaire, les personnes touchées on pris leur destin en mains : dans une optique d’aide, soutien, soins, accompagnement, mais aussi dans l’action au sein de la société civile et politique, pour lutter contre toute discrimination, pour obtenir des financements, pour informer et sensibiliser la population.
En 2010, l’enfance et l’adolescence des GEA ne sont pas si lointaines mais on apprécie le chemin parcouru. L’action de l’Association AVEC, centre d'appui à la vie associative et de ses homologues ailleurs en Suisse en est l’illustration. Des centaines de groupes sont en activité, s’attachant à faciliter la vie et le « fonctionnement » de tant de nos concitoyens, à améliorer leur qualité de vie personnelle et dans leur milieu ; ceci à propos de maladies physiques, organiques ou fonctionnelles, de problématiques mentales et sociales, de dépendances, de handicaps, d’évènements de vie traumatisants, d’âge qui vient et qui est là.
En mai dernier, j’ai participé à Paris à un séminaire de haut niveau sur des questions éthiques ; j’y ai été marqué par l’exposé d’Elisabeth Sledziewski, philosophe et politologue de l’Université de Strasbourg. Elle a décrit avec vigueur comment notre monde, obsédé par la réussite financière et les acquis matériels, se trouve en quelque sorte vide de sens. Or, dit-elle, la reconquête du sens passe par la reconnaissance de l’autre et l’ouverture à lui. Il importe de reconnaître sa dette vis-à-vis du prochain (rapports personnels), de la Cité (citoyenneté) et de l’humanité tout entière. Toute éthique est contractuelle, lien à l’autre et donc co-produite. A cet égard, et au-delà de tout ce qu’ils assurent en termes d’information et d‘éducation/formation, de prestations de soutien, d’action politique au sens large, les groupes d’entraide autogérés apportent une contribution éthique spécifique de valeur. Et nous permettent de nous rapprocher de ce principe fort inscrit dans le préambule de la Constitution fédérale de 1999 : « …sachant que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ».
Désordre alimentaires
En octobre 2009, l’Unité d’hospitalisation du Centre vaudois anorexie boulimie (abC) ouvrait ses portes à St-Loup. Six mois plus tard, témoignages de patientes. Voir aussi Association Boulimie Anorexie
Difficultés psychiques
Dans le Nord-vaudois, les psychiatres sortent de leurs murs et vont à la rencontre des patients dans leur lieu de vie Secteur psychiatrique Nord-vaudois