Association AVEC

Prestations
et services
Créer et gérer
une association
Ressources
et références
L'Association
et son réseau
Page d'accueil  > Ressources et références   > Articles remarqués

Introduction Eléments théoriques Sélection d'ouvrages Articles remarqués Bibliographie Nos publications Sites web Lettres électroniques

 

Articles remarqués

Les textes présentés ici invitent tout particulièrement à la réflexion. Ils seront régulièrement remplacés par d'autres. Merci de nous faire des suggestions.

Textes reproduits ci-dessous:

Avenir du bénévolat : le pire ? Ou le meilleur ?
Extrait de l'ouvrage "Contre le chômage et l'exclusion. Les ressources de la vie associative", Marie-Chantal Collaud, Claire-Lise Gerber, Lausanne, Réalités sociales, 1997.
Le bénévolat n'est pas un produit. C'est un don !
Article rédigé en août 2006 pour le Journal Caritas Vaud

Articles en version PDF :

Bénévolat de compétences. Une nouvelle forme de mécénat.
Etude réalisée par Octavie Baculard, fondatrice de Volonteer, Conseil et mécénat participatif, Paris, 2007.

La France bénévole.
Quatrième édition – mars 2007, sous la direction de Jacques MALET, préface de Jean Bastide, avant-propos de Roger Sue, professeur d’Université

Entre responsabilisation et individualisation : les évolutions de l’engagement associatif.
Bernard Roudet, RIAC, 51, 2004.

Le travail bénévole : un essai de quantification et de valorisation.
Lionel Prouteau et François-Charles Wolff.

Le Don, la dette et l'identité. Homo donator vs homo economicus.
GODBOUT, Jacques. 2000.

 

 

Avenir du bénévolat : le pire ? Ou le meilleur ?

En Suisse, comme ailleurs, l'Etat social est en difficulté. En plus de la crise financière (l'Etat social coûte trop cher), de la crise d'efficacité (l'Etat social ne tient pas ses promesses), celui-ci est également confronté à une crise de légitimité (l'Etat doit-il tout faire ? L'Etat peut-il tout faire ?).

C'est dans ce contexte que la question du bénévolat (dans ses différentes formes) ne cesse de se développer dans les sociétés occidentales, où les notions d'altruisme, d'engagement, de solidarité reviennent en force face à des situations de précarité (sociale ou économique), d'exclusion (temporaire ou permanente) ou d'urgence (guerre, catastrophes naturelles) qui n'épargnent personne.

Nos sociétés industrielles traversent une profonde transformation dans la manière de produire les richesses. Cette mutation, en retour, provoque un bouleversement des structures sociales, des styles de vie et des valeurs.
Nous sommes confrontés, simultanément, à une crise de l'emploi, à une crise du lien social et à une crise de sens, de même qu'à plusieurs interrogations en matière d'évolution de notre société. Selon les solutions trouvées pour répondre à ces questions et les modèles de société retenus, la façon de concevoir la place et le rôle que le bénévolat peut être à même d'occuper, varie considérablement.

Des modèles qui se chevauchent déjà
Certains prévoient beaucoup de travail et d'argent pour quelques heureux et une paupérisation de tous les autres. C'est la société duale qui s'esquisse déjà un peu partout en occident. D'un côté, une élite, les super riches, la caste des professions libérales, les chercheurs, les experts. De l'autre, le reste du pays !
D'autres pensent que de nouveaux secteurs d'emploi vont se développer. L'objectif consiste à envisager la création d'un nouveau type d'entreprise parapublique au niveau local pouvant produire des activités ayant une fonction d'utilité sociale susceptible de proposer de vrais emplois avec un vrai statut et un vrai salaire.

Il y a celles et ceux qui envisagent augmenter le volume de l'emploi et l'offre de travail. Ils cherchent principalement à augmenter la croissance économique en considérant que le volume de l'emploi est proportionnel à la croissance.
D'aucuns soutiennent le démantèlement de l'État social (protection sociale, conventions collectives, etc.) pour tenter de relancer l'économie. Ils trouvent qu'il n'est plus concevable d'augmenter les dépenses de l'État, les déficits publics étant déjà trop importants.

Certains souhaitent un État fort capable de mettre en place des réformes fondamentales en matière fiscale ou de droit du travail.

D'autres songent à répartir l'emploi disponible de manière plus équitable sur l'ensemble des demandeurs potentiels. Ils essaient d'imaginer une répartition plus harmonieuse dans la vie des individus du temps de formation, de vie familiale, d'activités citoyennes et de travail salarié ainsi qu'une reconnaissance des périodes non travaillées comme périodes d'utilité personnelle ou d'intérêt général. Ils réfléchissent à de nouveaux rapports entre le travail, les activités et les loisirs, à de nouveaux circuits de distributions de biens et de services.

Un rôle réparateur ?
Le bénévolat est au centre de tous ces scénarios d'avenir et de toutes les stratégies que nous venons d'évoquer. Si l'on s'oriente vers les issues les plus pessimistes, la société à deux vitesses, le secteur associatif devra se porter majoritairement au secours de la pauvreté. C'est tout le secteur de la solidarité qui sera sollicité : distribution de repas, aide aux sans domicile fixe, soutien aux chômeurs et à leurs familles. Cela se fera soit avec l'aide d'autres organismes privés, soit avec celle de l'État. Le rôle des associations sera principalement un rôle de « survie », de « réparateur » des dégâts d'une société injuste. C'est le plus mauvais rôle qui puisse leur être attribué, mais elles ne pourront s'y soustraire.

Faire reculer la pauvreté et l'exclusion implique de lutter contre les mécanismes qui la produisent. Ce serait une grave erreur d'attendre du secteur associatif qu'il répare les dégâts provoqués par les dérives de la croissance économique. On risquerait de lui attribuer un rôle qui n'est pas le sien, celui de substitut à ce que l'État et le marché ne peuvent ou ne veulent plus faire. Dans ces conditions, il est fondamental que les milieux bénévoles soient reconnus comme une force susceptible de favoriser la production de nouvelles richesses, par exemple celles de communiquer, de se relier aux autres, de faciliter la capacité de travailler en groupes, de prendre des décisions, d'innover et cela y compris sur le plan productif.

Une source de richesse ?
Si, par contre, l'on se dirige vers une société où temps libre et temps de travail seront plus justement partagés, les milieux bénévoles restent et resteront les partenaires privilégiés pour permettre à tous d'accéder à une maîtrise collective et individuelle du temps. La capacité des associations à s'adapter, leur potentiel d'innovation et de mobilisation en font l'interlocuteur privilégié pour développer des lieux de confrontation d'idées et de projets, inventer de nouvelles activités (bénévoles, citoyennes, civiles, politiques) enrichissantes et utiles.

Nous sommes convaincus du fait que la lutte contre l'exclusion ne passe pas seulement par l'offre de prestations diverses et variées mais aussi par le fait de « vivre » et de « faire » société.

 

Le bénévolat n'est pas un produit. C'est un don !*

Le modèle productiviste, qui tend aujourd'hui à dominer la planète, menacerait l'action bénévole. Or, le bénévolat n'est pas « seulement » un produit. C'est d'abord un don !

Qu'est ce que le don ? Pour aller à l'essentiel, rappelons que les travaux de Marcel Mauss (1923/1924) ont montré que le don est au cœur des relations sociales. Il est à la fois contrainte et liberté. C'est cette liberté qui fait la valeur du don, ainsi que l'équilibre à conquérir entre les quatre pôles que sont l'obligation de donner, la liberté de donner, l'intérêt pour soi et l'intérêt pour autrui.

Le don, c'est une façon de faire circuler les biens et les services. Mais il est différent de la forme marchande. La circulation des biens qui passent par le don repose plus sur les liens sociaux, sur le sentiment d'appartenance et sur la liberté (autre que la liberté du commerce et de l'industrie).

Dans ce sens, le bénévolat est une interpellation. Pourquoi ? Parce qu'il se démarque du modèle marchand en accordant plus d'importance aux liens qu'aux biens, en accordant du temps gratuit.

L'acte bénévole, libre et gratuit offert à un inconnu, se démarque de la logique de la mondialisation marchande quand elle affirme que le temps est surtout de l'argent. Dans ces conditions, le bénévolat peut être mis en péril. Certains cherchent, en effet, à encadrer le bénévolat, à le soumettre à des objectifs qui ne sont pas les siens. L'importance du lien est minimisé. Il en va de même du rapport que le bénévole entretient avec la personne qui bénéficie de ses services alors que, précisément, on sait combien le résultat est fonction de la qualité de la relation.

Les pouvoirs publics tendent à soutenir un type de bénévolat qui correspond à leurs impératifs et à leurs priorités. Nombre d'organisations risquent, aussi, de considérer les bénévoles comme « de la main d'œuvre gratuite » et utilisent des critères appartenant au monde salarial pour recruter les bénévoles et évaluer l'efficacité (l'efficience) du bénévolat.

Pour garantir et consolider son avenir, le bénévolat ne saurait se laisser intégrer dans ce modèle productiviste. Au contraire, le bénévolat doit porter sa réflexion sur quelques dimensions majeures de la société actuelle, par exemple, les problèmes liés au chômage et à l'exclusion, cela à partir de principes issus du bénévolat lui-même, à savoir les valeurs qui lui sont propres.

Le don est un modèle spécifique. Pourquoi ? Parce que chaque fois que l'on donne, on affirme la valeur du geste gratuit, on prend le « risque » de la relation. Donner, c'est vivre l'expérience d'une appartenance communautaire qui, loin de limiter la personnalité de chacun, lui donne toute sa dimension.
C'est cette expérience que vivent les bénévoles. Une expérience sociale fondamentale au sens littéral. Avec le don, nous expérimentons les fondements de la société, ce qui nous rattache à elle. Pourquoi donne-t-on ? Pourquoi devient-on bénévole ? Pour exprimer nos liens avec les autres, pour cultiver notre insertion sociale et éviter les pièges de l'isolement. Pour se « brancher » sur la vie et pour faire circuler les biens dans un système vivant. Pour grandir en humanité.

Comme l'affirmait C. Castoriadis, l'action bénévole contribue à construire un « autre imaginaire » pour dépasser l' « imaginaire du marché ».

Marie-Chantal Collaud
Animatrice Association AVEC

 

   
 
Copyright © 2009, Association AVEC.
 
Prestations et services | Créer et gérer une association | Ressources et références | L'Association et son réseau
www.association-avec.ch | info@association-avec.ch | > plan d'accès